
HOMÉLIE PRONONCÉE LORS DE LA MESSE DES
FUNÉRAILLES POUR DIANE MAIHLOT LE MARDI 29 SEPTEMBRE 2009 À LA PAROISSE
SAINT-GABRIEL D’OTTAWA.
Le christianisme était encore à ses débuts quand Saul de Tarse, devenu
Paul de Tarse, évangélisa les Thessaloniciens vers les années 45-50. Son
enseignement portait sur le second retour glorieux du Christ. Paul avait
tellement insisté sur cet enseignement que ses auditeurs attendaient avec joie
et ferveur cette seconde venue du Seigneur qu’ils verraient de leur vivant. Pourtant
des années se sont écoulées sans aucun signe d’en haut. Un bon nombre de
croyants mouraient. La communauté
diminuait. Alors surgit une inquiétude dans la communauté de
Thessalonique : Mais où les morts s’en vont-ils donc? Quel sera leur sort
lors du second retour du Seigneur!
Mes chers frères et mes chères sœurs, la mort subite de Diane nous a tous ébranlés. Comme à Thessalonique les chrétiens se sont posé des questions face à la disparition de certains des leurs, nous aussi devant le départ inattendu de notre sœur Diane, nous nous sommes interrogés. En fait, toute personne se pose des questions devant la mort. Et ces questions sont fondamentales : Pourquoi la mort? Dans quel but Dieu nous a-t-il créés? Que devenons-nous après la mort?
Pour répondre à ces inquiétudes, il faut suivre la voie tracée par Saint
Paul. Ce dernier, en effet, répond aux questions soulevées par les
Thessaloniciens en exploitant la Parole de Dieu. Il leur rappelle que ceux qui
sont morts dans le Seigneur vivront avec lui. De même que Dieu a ressuscité
Jésus, il ressuscitera également ceux qui se sont endormis dans le Seigneur. À
son retour, les morts, et les vivants qui seront encore là, rejoindront le
Seigneur dans les nuées pour aller au Ciel avec lui. Et là, ils seront toujours
avec le Seigneur. En fait, cette parole décrit une des facettes du Dessein de
Dieu. Dieu tient à notre vie. Il veut
vivre avec nous pour toujours au Paradis. Écoutons attentivement sa Parole
exprimée dans le texte choisi exprès pour la célébration de Diane.
Une autre dimension du Dessein de Dieu se dégage de l’évangile que nous
venons juste de proclamer. Le Seigneur Jésus affirme qu’il monte vers le Père
pour nous préparer une place. Il rappelle par là que de toute éternité Dieu
nous portait dans son sein. Il avait en lui le visage et le nom de chacun et de
chacune d’entre nous. De toute éternité, Dieu nous désirait, nous voulait près
de lui. Nous ne sommes pas là par hasard, nous venons de Dieu et nous allons
vers lui. C’est ainsi qu’au Ciel chaque personne possède un siège réservé juste
pour elle. Ce siège-là est fait sur mesure et personne d’autre que nous, ne
pouvons l’occuper. Notre nom est inscrit dessus. Aujourd’hui, Diane a regagné
le Ciel où notre Seigneur va lui présenter sa place, le siège, qui lui a été
réservé de toute éternité, avec son nom
écrit dessus : Diane Mailhot née Lehoux.
Mes ami(e)s, le plan de Dieu qui est de demeurer avec nous pour toujours
se précise davantage avec la seconde lecture tirée de l’épître aux Romains. Le
Christ, rappelle Paul, a été fait Seigneur de Tous. S’il est mort, c’est pour
qu’il soit le Seigneur des morts et s’il est vivant, c’est qu’il soit le
Seigneur des vivants. Ainsi donc, dans notre vie comme dans notre mort, nos
appartenons au Seigneur. Si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur et si
nous vivons, nous vivons pour le Seigneur. C’est tout ce que notre chère Diane
a essayé de vivre. Elle a vécu continuellement pour le Seigneur. Dans sa vie de
témoignage en paroisse et dans son engagement pour l’évangélisation à travers
Foi et Télévision chrétienne, elle s’est donnée entièrement au Seigneur. Le don
de la parole et celui de la charité qu’elle a reçus de l’Esprit ont été mis au
service de son Seigneur et de son Église. Diane a vraiment vécu pour le
Seigneur et pour ses frères et sœurs dans le Christ, c’est pourquoi nous
affirmons aujourd’hui qu’elle est également morte pour le Christ, son Seigneur.
Diane appartient au Seigneur, dans sa vie comme dans sa mort. Et maintenant,
elle demeure pour toujours avec lui.
La première lecture tirée du livre de la Sagesse, lue avec émotion par
Judith, évoque davantage la situation de Diane. Le texte parle du juste qui
meurt avant l’âge et qui n’est pas oublié de Dieu quoique pensent les humains. Diane
est morte à 59 ans. C’est bien jeune de nos jours. Elle était une jeune grande
mère. Elle laisse un mari qui travaille encore, trois enfants qui sont encore à
la fleur de l’âge et deux très jeunes petits enfants. Cet aspect de la vie de
Diane nous ébranle tous. Cela me rappelle l’accident tragique survenu, il y a
quelques années, à Saint-Joseph-de-la-rive, au Québec. En cette belle
journée-là, un groupe de personnes âgées prennent un autobus pour une
randonnée. Malheureusement beaucoup d’entre eux vont connaître la mort avant la
fin de cette sortie. Cette histoire m’avait beaucoup attristé. Les funérailles
furent télédiffusées. Et j’avais décidé de les suivre. Au moment de l’homélie,
je me suis senti mal dans ma peau. Je ne voulais surtout pas être à la place de
ce prêtre. Qu’est-ce j’allais donc raconter à l’assemblée? Mais quand le
célébrant prit la parole, des choses merveilleuses sortirent de sa bouche. Il
était sans aucun doute sous la mouvance de l’Esprit Saint. Il disait, entre
autres, que les personnes qui étaient là, devant de lui et enfermées dans des
cercueils étaient parmi les plus belles roses de leur résidence. Aujourd’hui le
Seigneur était venu les cueillir pour son jardin d’en haut. Je n’en revenais
pas de ces paroles tellement elles étaient belles.
Mes chers frères et mes chères sœurs, Diane était une Rose. Elle était
une rose pour Marcel et pour les enfants; elle rayonnait de son éclat et
exhalait de son parfum dans le jardin de sa famille. Aujourd’hui, le Seigneur
est venu la cueillir pour son jardin du Ciel.
Elle était parmi les plus belles roses dans le jardin de notre paroisse;
voilà que le Seigneur est venu la chercher pour embellir son jardin du Paradis.
Diane était parmi les plus belles roses qui poussaient dans le jardin de Foi et
Télévision chrétienne. Aujourd’hui le Seigneur est venue la prendre pour son
jardin d’En Haut. C’est là que se trouve maintenant sa place.
Diane a vraiment été précieuse pour nous tous. Alors qu’elle était
hospitalisée, je me souviens d’un après-midi où je lui ai rendu visite. Quand
je suis entré dans sa chambre elle dormait. Pour ne pas la déranger, je voulais
tout de suite sortir de la chambre sur la pointe des pieds et attendre dans le
couloir. C’est à ce moment- là qu’elle ouvrit les yeux et
s’exclama : «…Père Jacques... »
Un peu surpris, je bredouillais «… Oh Diane je n’ai pas voulu du
tout te réveiller… ». Elle me pria de m’approcher et on commença à parler.
Une des choses qu’elle m’a révélée ce jour-là, c’est qu’elle était très
heureuse d’avoir prié avec son chirurgien avant l’opération. Le chirurgien
lui-même lui avait fait l’offre de le faire. Diane sauta avec joie sur cette
occasion merveilleuse en vue d’entrer en communication avec Dieu et le
personnel médical. Au fond, il est vrai que toute fonction tout travail doit
s’exécuter dans l’Esprit du Seigneur. Qu’on soit enseignant, médecin,
entrepreneur, homme ou femme d’affaires…notre tâche, pour nous chrétiens, doit
s’accomplir en conformité à la Parole de Dieu. C’est Dieu que nous servons à
travers nos frères et sœurs qui nous entourent. À la fin de ma visite, Diane
m’offrit une boîte de chocolats alors que je surveillais ma ligne à ce
moment-là. Mais je l’ai acceptée avec joie car elle voulait me faire plaisir. Au
congrès de Foi et Télévision chrétienne qui a eu lieu au mois de juin dernier,
je me suis retrouvé en face de Diane alors que nous préparions nos conférences, en petit groupe. À un
moment donné, on a évoqué le livre de Kenneth et Gloria Copeland intitulé le Triomphe de la foi. Diane me posa la
question pour savoir si je connaissais le livre. Je lui répondis que non. Alors
elle me révéla que ce livre était très intéressant et me promit de me l’offrir.
Le soir du même jour, elle me l’apporta. Le voici. Ce livre offre chaque jour
un verset biblique suivi d’une méditation. En préparant cette adresse, j’ai
ouvert le livre au 25 septembre, le jour du départ de Diane. Il y est dit que
les branches doivent demeurer attachées au Cep si elles veulent produire des
fruits; autrement elles mourraient. Sans le Cep rien ne peut se faire. Je me
suis dit que c’était bien là un message que Diane voulait adresser à Marcel,
son mari. C’est seulement en demeurant rattaché au Christ que tu parviendras à
surmonter cette épreuve, cher Marcel. Seul tu ne réussiras pas. Branche-toi
toujours plus étroitement au Seigneur de la vie et il t’aidera à produire des
fruits dont ta famille a besoin aujourd’hui.
Mes ami(e)s, Diane vivait sa vie de mère chrétienne au milieu de ses
enfants et petits enfants. Je l’ai vue à maintes reprises venir à la messe du
matin accompagnée de ses deux petits enfants. Te rappelles-tu Judith? Il
arrivait des matins où toi aussi tu venais avec elle. Ce que votre mère faisait
avec vos enfants, vous devez continuer à le faire. Il faut perpétuer l’héritage
de foi que vous avez reçu de votre mère. Cette foi reçue d’elle, c’est à vous
maintenant de la transmettre à vos enfants et de veiller à ce qu’elle atteigne
également les enfants de vos enfants. Diane, comme grand’mère avait compris que
son rôle était de veiller aussi sur l’éducation chrétienne de ses petits
enfants. C’est ce qu’il faut faire de nos jours. Nos enfants n’ont pas toujours
le temps de le faire. Alors comme grands parents, prenons bien soin de
l’éducation chrétienne de nos petits enfants. Il me semble que cette
recommandation est de Diane également.
Voyez-vous, je n’ai aucune hésitation de me lever et de présenter Diane
comme modèle de vie à suivre au sein de notre communauté paroissiale. Beaucoup
de personnes présentes, les prêtres et les diacres y compris, ont été touché,
d’une manière ou d’une autre, par son engagement à la paroisse. Je n’ai aucune
réticence vraiment aucune à présenter Diane comme modèle à suivre par les
fidèles de Foi et Télévision chrétienne. Sous la mouvance de l’Esprit, Diane a
servi ce mouvement avec enthousiasme et conviction. Elle a participé à l’œuvre
d’évangélisation en s’engageant dans l’organisation administrative et dans
l’animation spirituelle de Foi et Télévision chrétienne. Aujourd’hui, elle
continue de nous soutenir d’En Haut.
La foi de Diane me fait penser à celle d’une étudiante congolaise morte
de leucémie alors que j’étais encore en formation au Séminaire. La foi de cette
étudiante du nom de Sebyera avait marqué son milieu. À l’hôpital, tout le monde
allait la voir et l’écouter. Après son décès, on découvrit qu’elle entretenait
un journal renfermant des pensées merveilleuses. Sur une des pages du journal,
elle avait écrit ceci : « Après mon départ, je sais qu’on
racontera partout que Sebyera est morte…Sebyera est morte…Non!Non! Je ne suis
pas morte! Je suis avec Dieu!… Je demeure chez Dieu!..» Quelle foi! Eh
bien c’est cela, la foi de Diane.
Terminons avec cette méditation sur le bon larron. Au Moyen Âge surtout,
la méditation sur les sept paroles de Jésus sur la croix, connaissait un grand
succès. L’une de celles-ci concerne le bon Larron. Vous vous rappelez, Jésus
fut crucifié entre deux bandits. La foule se moquait de lui et l’un des
malfaiteurs faisait de même. C’est ainsi que l’autre l’interpelle pour lui
faire des reproches. Alors il se retourna vers Jésus et lui dit :
« Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Paradis ». Le
Seigneur Jésus sans juger ce larron, sans évoquer tous les torts causés aux
autres, sans relever le mal qu’il a commis
durant sa vie lui répond : « En vérité, je te le dis,
aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ». Sur la croix du Christ
se trouve gravé le nom de chacun et chacune d’entre nous. Et parmi ces noms, je
vois celui de Diane Mailhot née Lehoux. Et j’entends la voix de notre Seigneur,
venant de loin, qui s’adresse à Diane et qui lui dit : « Diane,
aujourd’hui même, tu seras avec moi au Paradis » Amen.
LE CURÉ D’ARS AURAIT-I L UTILISÉ LA TÉLÉVISON POUR ÉVANGÉLISER?
Introduction :
C’est
avec beaucoup d’humilité que j’ai accepté l’invitation de Lise Turbide,
présidente de Foi et Télévision chrétienne et c’est avec grand honneur que je
donnerai cette conférence à ce souper
bénéfice. Je dois cependant avouer que
la vocation de Foi et Télévision Chrétienne est tellement sublime que je ne me
sens pas vraiment à sa portée. Aussi pour vous parler ce soir, je ressens les
mêmes sentiments qu’avait éprouvé l’apôtre Paul lors de son évangélisation à
Corinthe : (1Co 2, 1-5) Je me suis
présenté devant vous tout faible, craintif et tremblant pour annoncer la parole de Dieu…Pour que ce
ne soit pas le discours de la sagesse qui touche les cœurs, mais bien celui de
l’Esprit du Seigneur.
La cause
pour laquelle nous nous réunissons ce soir est noble. Notre contribution
financière soutiendra Foi et Télévision chrétienne pour qu’elle réalise sa
mission auprès des auditeurs et des téléspectateurs francophones. Les
programmes en français afin d’évangéliser par
la voie des ondes sont très peu nombreux. Cette oeuvre qui est la nôtre
est grande et nous devons y consacrer beaucoup d’efforts pour l’entretenir avec soin et avec
amour. Notre rôle est de la défendre et de la protéger pour assurer
notre fidélité à double
appartenance : catholique romaine et canadienne française. C’est en nous
serrant les coudes, en nous tenant ensemble pour partager généreusement ce que
nous sommes et ce que nous avons que nous garderons Foi et Télévision
chrétienne toujours plus vivante pour les générations actuelles et celles à
venir.
Je vous
entretiendrai ce soir sur Jean-Marie Vianney, le Curé d’Ars (1786-1859) et mon
choix s’arrête sur lui pour deux raisons :
1. La
première, c’est l’année sacerdotale qui coïncide avec le 150e anniversaire de
la mort du Saint Curé d’Ars. Proposée
par l’évêque de Rome, Benoît XVI, cette année sacerdotale est une incitation à
toute l’Église de méditer sur le sacerdoce, ce grand don de Dieu, et cela, à la
lumière de la vie du Curé d’Ars.
2. La
deuxième raison, c’est l’appartenance de Jean-Marie Vianney à la culture
française. Dans sa jeunesse, le futur curé d’Ars parlait davantage le patois que le français. Plus tard, lors
de ses études de formation au sacerdoce, il améliorera son français si bien que
durant ces 41 années passées dans la petite localité d’Ars, il pratiquera son ministère dans la langue de Molière
auprès de ses paroissiens et des pèlerins venus de toute la France. Les
émissions de Foi et Télévision chrétienne, également diffusées en français,
s’adressent à tous les francophones d’un océan à l’autre de notre beau Pays.
Voici le
titre exact de ma communication : Le
Curé d'Ars, aurait-il utilisé la télévision pour évangéliser? C’est en parcourant les étapes importantes
de sa vie que nous parviendrons à répondre à cette question.
I. ENFANCE
Jean-Marie
Vianney est âgé de 4 ans quand éclate la révolution française et son enfance,
il la vit durant ces périodes troublées de l’Église de France. Ce fut, en
effet, après la révolution française que les biens de l’Église furent
confisqués par l’État, les monastères bannis et la vie religieuse remise en
question. Des prêtres furent obligés de prêter le serment civil pour pouvoir
exercer leur ministère sous l’œil vigilant de ce pouvoir. Leurs célébrations
n’étaient pas reconnues par l’Église officielle. La vraie messe et les autres
sacrements authentiques étaient présidés par des prêtres réfractaires qui
devaient se cacher un peu partout en
France pour éviter d’être arrêtés par la loi. L’interdiction de leur prêter un
local pour une célébration liturgique était prescrite rigoureusement et malheur
à celui qui transgresserait cet ordre. Aussi
parlait-on, à ce moment-là, de messes clandestines et c’est en cachette, qu’on
se passait le mot de bouche à oreille pour annoncer la visite d’un prêtre réfractaire. Ce dernier courait un danger
continuel d’être arrêté et de subir la torture. Les Vianney, fidèles uniquement
à ces prêtres réfractaires, adorèrent
le Seigneur dans la clandestinité. Le
petit Jean-Marie se rappelle ces prêtres réfractaires et il leur voue une
grande admiration, car ils ne craignaient ni la trahison ni la mort par la
guillotine. C’est durant cette époque qu’il fera d’abord sa première confession
et plus tard, sa première communion. Il se rappellera toujours ce moment :
« C’était à la maison, au pied de
notre horloge. » et son cœur débordait d’émerveillement pour ce
sacrement reçu avec amour. Plus tard, il recevra la première communion dans une
église dirigée par des prêtres réfractaires. Cette première communion demeure
également un moment inoubliable chez le jeune Jean-Marie Vianney et il gardera
précieusement le chapelet qu’il reçut
en cadeau à cette occasion. Il est impressionné par les prêtres qui lui
permettront de faire sa première confession et sa première communion parce
qu’ils l’auront fait à leur risque et péril.
Jean-Marie voulait tant faire connaître le
Seigneur et il avait tant admiré l’engagement des prêtres réfractaires si bien
qu’il aurait fait son ministère dans la clandestinité et n’aurait pas hésité
à utiliser la télévision : ce
véhicule unique et puissant pour atteindre le plus de monde possible. Il aurait
trouvé une façon d’informer Rome et le
reste du monde de ce qui se passait réellement en France.
Une
conviction profonde prit naissance dès la jeunesse de Jean-Marie Vianney et
elle continua à se développer durant toute sa vie. À 20 ans, quand on lui
demanda la raison pour laquelle il voulait se faire prêtre, il répondit
ceci : « Je voudrais gagner
beaucoup d’âmes au bon Dieu! » Jusqu’à la fin de sa vie, le Curé d’Ars
oeuvra pour le bien des âmes. À son arrivée, le village d’Ars ne comptait que
220 habitants dont la grande majorité ne fréquentait pas l’église. Le nouveau
curé jura de se donner corps et âme pour la conversion de ses paroissiens. Voici
sa prière : « Mon Dieu,
accordez-moi la conversion de ma paroisse. Que je souffre toute ma vie les
douleurs les plus aiguës pourvu qu’ils se convertissent. » Il multiplia les heures de prière devant le
Saint Sacrement et intensifia ses mortifications par des jeûnes prolongés et
des moyens disciplinaires infligés à son corps pour le mieux maîtriser. Ce
style de vie était une offrande au Seigneur en vue d’obtenir la conversion des
habitants d’Ars. Cette préoccupation de sauver le plus d’âmes possibles se
perçoit dans sa première rencontre avec le jeune berger, Antoine Givre qui lui
indique la route conduisant au village où il pratiquera son ministère. Il dit
au jeune : « Comme tu
m’as désigné le chemin qui conduit à Ars, moi je te montrerai le chemin qui
conduit au Ciel ». Antoine Givre est le premier Arsien à mourir, 4
jours après la mort du curé d’Ars. Jean-Marie Vianney l’attendait certainement
dans l’Au-delà pour lui montrer le chemin vers le Père. Le ministère du Curé
d’Ars s’illustrera, entre autre, au moyen du sacrement de la réconciliation, la
confession. Jean-Marie Vianney passera des heures et des heures au
confessionnal et il conservera ce même rythme même les derniers mois qui précèdent sa mort. Le curé d’Ars
n’accordait aux pénitents qu’une partie de la pénitence qui leur revenait
et il se chargeait d’accomplir le reste
par souci des âmes. Il voulait leur alléger le processus de conversion. Le
désir ardent de Jean-Marie Vianney de vouloir obtenir la conversion du plus
grand nombre d’âmes possibles a motivé son style de vie et constitué la raison
de son engagement total dans le sacrement de pénitence.
C’est ce
même désir qui aurait milité en faveur de l’usage de la télévision par le Curé
d’Ars et il l’aurait fait par souci de
rejoindre le plus d’âmes possibles. La télévision, nous le savons tous, possède
la capacité d’atteindre un grand nombre de personnes à la fois. Elle pénètre
dans l’intimité des maisons comme elle se rend également présente sur les
places publiques. Elle s’utilise dans les prisons, dans les hôpitaux et dans
les écoles. Le curé d’Ars se serait
certainement servi des media que nous connaissons pour évangéliser le plus de monde possible.
II. Évangélisation
Jean-Marie
Vianney a travaillé dans la paroisse d’Ars pendant 41 ans. Il y est arrivé le
14 février 1818. Il rendit l’âme au presbytère d’Ars le 4 août 1859 à 2h00 du matin. S’il me faut résumer en quelques
mots l’œuvre qui caractérise son ministère, je dirais qu’il a consisté en une évangélisation hors du commun, car d’un
village de 220 adeptes, il en a fait un grand centre de pèlerinage non
seulement pour la France, mais également pour les pays avoisinants. À ses
funérailles, on comptait 300 prêtres,
tout le village d’Ars et 6,000 pèlerins. D’une petite bourgue bien perdue
et inconnue, il en a fait un des lieux les plus connus de la France et du monde
chrétien. Tout cela fut accompli grâce à ce que j’appelle l’évangélisation hors du commun. Celle-ci, selon moi, s’articule en
trois instances.
1. Prédication
aux messes
Durant
les premières années de son ministère à Ars, Jean-Marie Vianney comme beaucoup
d’autres curés de campagne utilisaient un sermonnaire pour la prédication à la
messe. Il fallait tout simplement faire
la lecture d’un sermon conventionnel.
Mais cela ne portait pas. Il s’enfargeait parfois dans sa prestance et
l’auditoire n’y portait pas grand intérêt. C’est ainsi qu’il changea de style
et commença à improviser, parlant à partir de ses convictions profondes. Les
fidèles étaient chaque fois de plus en
plus intéressés quand il annonçait la Parole de cette manière- là. C’est ainsi
que débuta son succès et bien des auditeurs affluèrent à Ars, intéressés qu’ils
étaient à aller l’écouter le dimanche et même en d’autres occasions. On
demeurait suspendus à ses lèvres, ses paroles étaient vivantes et ses
exemples, tirés de la vie quotidienne, étaient significatifs. Les quelques fois
qu’il remplaça un curé dans les paroisses voisines et célébra la messe, les
chrétiens en restèrent ébahis,
impressionnés. Même les retraites, prêchées en dehors de sa paroisse, ont
marqué sensiblement les auditeurs. Jean-Marie
Vianney devint un prédicateur de renom. Le dimanche, les gens des villages voisins, se ruaient dans sa
paroisse pour venir l’écouter à Ars.
Connaissant
l’importance de l’annonce de la Parole,
le curé d’Ars y mettait le temps nécessaire pour s’y préparer par la prière et
par l’étude. Comme il était toujours intéressé à nourrir le plus grand nombre
possible d’âmes par la prédication, il acceptait
avec joie de prêcher en dehors de sa paroisse. À ce titre, Jean-Marie
Vianney aurait intégré dans son ministère la télévision en vue de rejoindre le
plus de personnes possibles pour l’annonce de la Parole de Dieu. Il se serait
servi des émissions télévisées pour faire bénéficier ses réflexions non
seulement à ses paroissiens et voisins, mais également à toutes les personnes
rejointes par la télévision. Il aurait prêché sans gêne sur le plateau de la
télévision, car ce qui comptait pour lui, c’était de faire connaître Dieu et
son message au plus grand nombre d’âmes
possibles. Il était prêt à tout pour
l’édification du Royaume de
Dieu.
2.Catéchèse
La catéchèse est une autre forme d’annonce de
la Parole. Il faut se rappeler, qu’à l’âge de 24 ans, alors qu’il avait quitté
l’armée, il accepta avec joie la responsabilité d’enseigner la catéchèse aux enfants du village de
Noë. Déjà, à ce moment-là, on remarque
son contact facile avec les enfants et son talent évident à raconter des
histoires aux plus jeunes.
À chaque
jour et à une heure précise, le Curé d’Ars prit l’habitude d’enseigner la
catéchèse aux enfants et il assurait
généralement cet enseignement dans l’église paroissiale. Tout le monde était
tellement friand de sa catéchèse que les adultes s’ajoutaient aux enfants pour
suivre ses enseignements. Le curé avait une attention particulière aux plus
vulnérables : les enfants, les pauvres, les orphelins si bien qu’il il
leur dédiait quotidiennement son enseignement pour nourrir leur foi et assurer
leur éducation chrétienne.
Jean-Marie Vianney qui aimait si profondément les enfants n’auraient
hésité aucune minute à utiliser la télévision pour s’exprimer en français et
rejoindre ainsi tant d’enfants qui
avaient besoin d’évangélisation. Il aurait sans doute proposé un programme
approprié à l’évangélisation des tout- petits à la télévision.
III. Pèlerinage
Le
pèlerinage d’Ars est lancé par la popularité croissante de l’abbé Jean-Marie
Vianney. Ce sont d’abord les paroisses et les villages environnants qui
l’invitent et il accepte généreusement de prêcher en dehors de sa
paroisse. Il remplace également, à l’occasion, des curés voisins qui sont
empêchés de célébrer chez eux. À la longue, les demandes se multiplient
tellement que le Curé se sent tiraillé
entre sa paroisse et celles de la région. Comme il tient à demeurer le pasteur
d’Ars et à y exercer régulièrement son ministère, il invite plutôt les gens à venir chez lui. Aussi le pèlerinage débute-t-il en 1823,
cinq ans seulement après son arrivée à Ars. Cette année, on compte 20 pèlerins par jour, mais 11 ans plus tard,
c’est-à-dire, en 1834, on parle de 30,000 pèlerins par an.
Cette
fois-ci, Jean-Marie Vianney voudrait que, d’un seul point, une grande
évangélisation soit assurée au plus
grand nombre possible de personnes. Il apparait clairement que le curé d’Ars
vise large, il veut jeter son filet dans les eaux profondes pour pêcher le plus possible de poissons. De
ce point de vue, j’atteste que, si la télévision avait été mise à la
disposition du Curé d’Ars, il serait sauté dessus pour la simple raison
d’atteindre le plus grand nombre possible d’âmes. Des malades, des personnes au
loin, celles empêchées par une raison ou une autre de se rendre à Ars auraient
eu, malgré tout, une occasion magnifique de suivre les enseignements par la
voie de la télévision. La mission télédiffusée a certainement l’avantage de
rejoindre les hommes et les femmes de partout et cela, dans l’intimité de leur
salon. Le curé d’Ars aurait utilisé la télévision pour cela : rejoindre le
monde, le monde entier, dans la mesure du possible, pour faire connaître Dieu en proclamant sa Parole.
Des
expériences témoignant de l’action quotidienne de l’Esprit de Dieu dans ce
petit coin du monde, pullulent et les biographes en rapportent beaucoup
d’exemples :
- Quelqu’un avait
entendu prêcher le curé d’Ars et il décida alors d’amener un des ses amis qui
était philosophe et professeur. Cet
homme n’avait ni foi, ni religion. Il n’était pas question pour lui de se
confesser. Son ami le conduisit à
la messe. Durant le sermon, il s’ennuya tellement qu’il voulut même sortir de l’église. Son ami lui recommanda de
fixer seulement le Curé d’Ars et de le regarder constamment. À la fin de la célébration, cet homme savant
était en rang à la sacristie avec les autres hommes pour se confesser. Il s’était converti.
- Une fois, monsieur
Massiat, professeur d’art à Lyon,
agnostique et ingénieur géologue fit escale à Ars. Il s’en allait en
Beaujolais pour goûter du vin nouveau, accompagné de son bon ami l’abbé
François Gaillard, curé de Montagnat. Les deux hommes s’arrêtèrent à l’église,
histoire de voir le curé d’Ars comme on voit au cirque l’acrobate ou le clown. Au
passage du curé d’Ars, les yeux de celui-ci croisèrent ceux de l’ingénieur
agnostique. Selon son propre témoignage, celui-ci sentit le regard du saint
curé le pénétrer jusqu’au fond de son cœur. Il se sentit écrasé par ce regard et cacha sa tête dans les mains. Après
la messe, l’ingénieur se précipita à la sacristie pour se confesser comme les
autres hommes. Arrivé à la porte, il hésita, puis il entendit une voix qui
demandait à tout le monde de faire de l’espace. C’est le curé d’Ars qui avait
quitté le confessionnal pour encourager l’ingénieur à pénétrer dans la
sacristie et à aller jusqu’au confessionnal. Celui-ci lui avoua qu’il avait un grand poids sur ses épaules. D’une
voix douce, le curé lui demanda de se
mettre à genoux et de lui raconter sa vie pour que le Seigneur s’occupe de
son lourd fardeau. C’est ce qui arriva, mais l’ingénieur avoua qu’il ne se
sentait pas converti. Le curé demanda à l’ingénieur de demeurer 9 jours à Ars
et de suivre des exercices spirituels. Cet homme accepta. Et au bout de son séjour, il avait connu des moments intenses de grâces
divines. Il était devenu un autre homme. Il s’était converti.
-Voici un chasseur de
canards des étangs, accompagné d’un bel animal de pure race. Il est âgé de 32
ans. Il porte le nom de François Dorel.
Il passait devant la cure alors que Jean-Marie Vianney se dirigeait vers
l’église. Il lui dit : Monsieur, il serait à souhaiter que votre âme soit
aussi belle que votre chien. Sidéré, l’homme pose son fusil au seuil de
l’église et suit le curé au confessionnal. Il
recevra le conseil d’aller à la Trappe où
il finira sa vie comme moine portant le nom de frère Arsène.
Les témoignages de toutes sortes peuvent se
multiplier. Remarquons tout simplement qu’autour du curé d’Ars, s’est formé un
groupe pour s’occuper de l’organisation sur place du pèlerinage. Ce groupe
était sûrement au courant de plusieurs expériences faites par les pèlerins. Dans
un contexte de télédiffusion, ce groupe, connaissant le désir du curé d’Ars de
propager la Parole de Dieu, aurait initié une émission consacrée aux
témoignages de l’action de Dieu à Ars. Et Jean-Marie Vianney ne se serait pas
opposé, car il s’agissait de l’honneur de Dieu dans ce type de télédiffusion. Ce
serait une évangélisation par le témoignage.
IV. Orphelinat
Jean-Marie
Vianney a voulu venir en aide aux orphelins et aux enfants les plus démunis de
sa région. Il a de ce fait créé une institution pour les accueillir. C’est
ainsi que tôt dans son ministère, il géra un orphelinat à Ars. Les débuts
furent difficiles, mais, grâce à sa campagne et aux dons venant des
connaissances et des pèlerins, l’abbé Jean-Marie a réussi à faire fonctionner
cet orphelinat. À part l’enseignement scolaire qui y était assuré, il veillait
personnellement à y dispenser une formation chrétienne solide. Qu’on ne se leurre pas, le curé d’Ars ne
s’enfermait pas dans un univers mystique,
il avait également les deux pieds sur terre. C’est pourquoi il
n’hésitait pas à organiser des levées de fond pour son orphelinat en
particulier et pour la rénovation de son église en général. Dans ces
circonstances, il aurait apprécié de se servir de la télévision pour faire
connaître la situation précaire dans laquelle se retrouvaient parfois ses
œuvres. Cela aurait permis d’exercer la
charité sur une grande échelle.
CONCLUSION :
L’engagement sans
mesure du curé d’Ars dans l’évangélisation demeure un exemple éloquent pour
nous. Son zèle pour la proclamation de la Parole de Dieu doit stimuler notre
désir d’appuyer Foi et Télévision Chrétienne qui est une œuvre d’évangélisation
par la télévision. Le souci d’atteindre le plus grand nombre de téléspectateurs
possibles afin de leur assurer une
annonce permanente de la foi chrétienne doit rester au coeur de
l’engagement de Foi et Télévision chrétienne.
La préoccupation de rejoindre le plus grand nombre possible d’âmes est à
inscrire à son programme. C’est pour
l’expansion du Règne de Dieu que nous annonçons sa Parole par la voie de la
télévision. Nous voulons faire connaître son nom à plus de monde possible. Et
notre mission est particulière et bien importante. Nous nous exprimons en
français et il y a peu de programmes
catholiques qui se passent à la télévision en français. Par notre soutien
financier à Foi et télévision chrétienne, nous soutenons aussi notre culture
francophone par laquelle nous disons Dieu. Nous témoignons que c’est possible
d’évangéliser et de vivre notre foi
catholique en français. Tout comme le faisait le curé d’Ars.
Merci!